Meublés de tourisme : ce que change le nouveau DPE au 1er janvier 2026
Le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) a changé de mode de calcul. Ce n’est pas un détail technique réservé aux diagnostiqueurs : la modification touche directement les propriétaires de gîtes et de meublés de tourisme, déjà confrontés depuis fin 2024 au calendrier de la loi dite « Le Meur ». Voici ce qu’il faut en retenir, sans enrobage.
Le DPE 2026 : l’électricité mieux notée
L’arrêté a été publié le 26 août 2025 au Journal officiel, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Le changement central : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9. En clair, un logement chauffé à l’électricité verra son étiquette s’améliorer, ou au pire rester stable. Le ministère de l’Économie chiffre la conséquence : environ 850 000 logements devraient sortir du statut de « passoire énergétique » (étiquettes F ou G), sur les quelque 4,8 millions que comptait le parc au 1er janvier 2023.
Pour un gîte, la portée pratique est directe. Un logement classé G, qui ne peut plus être mis en location touristique depuis le 1er janvier 2025, peut remonter en F grâce au nouveau calcul et redevenir louable. À condition, bien sûr, de refaire le diagnostic pour obtenir la nouvelle étiquette.
Le calendrier de la loi Le Meur, en dates
La loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme impose une trajectoire d’interdiction des passoires thermiques, calée sur la loi Climat et Résilience :
- depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location touristique ;
- au 1er janvier 2028, ce sera le tour des logements classés F ;
- à l’horizon 2034, l’ensemble des meublés de tourisme devra afficher un DPE compris entre A et D.
Les biens déjà loués avant le 19 novembre 2024 bénéficient d’un traitement particulier : pour les meublés existants, l’obligation ne s’applique pas immédiatement. Les nouveaux meublés de tourisme, eux, doivent attester d’un DPE classé entre A et E pour être mis sur le marché.
L’enregistrement national, échéance du 20 mai 2026
Autre nouveauté structurante : l’enregistrement des meublés de tourisme devient national et obligatoire pour tous, résidences principales comme secondaires. Il passe par un portail unique, et non plus par les formulaires propres à chaque mairie. La date à retenir est le 20 mai 2026 : au-delà, les communes disposent d’un levier pour vérifier la conformité et appliquer les sanctions.
C’est une évolution dont les propriétaires de gîtes ruraux, souvent enregistrés auprès de leur commune, doivent prendre la mesure. Le numéro d’enregistrement reste le même principe, mais la centralisation change la donne en matière de contrôle, en particulier dans les zones tendues où la régulation de la location touristique est la plus stricte.
Et la fiscalité : la refonte du micro-BIC
La loi Le Meur a aussi touché la fiscalité des loueurs. Le régime micro-BIC, qui permet une imposition au forfait, voit ses seuils fortement abaissés :
- pour les meublés de tourisme non classés, le seuil passe de 188 700 € à 15 000 € de recettes annuelles ;
- pour les meublés classés et les chambres d’hôtes, il passe à 117 700 €.
L’abattement forfaitaire est par ailleurs réduit : 30 % au lieu de 50 % pour les meublés non classés. Beaucoup de loueurs qui relevaient du micro-BIC basculent donc au régime réel, avec obligation de comptabilité. Pour un gîte de grande capacité dont les recettes dépassent ces seuils, c’est un changement de méthode d’imposition qu’il faut anticiper avec son comptable.
Ce qu’il faut faire concrètement
Trois réflexes pour 2026. D’abord, refaire le DPE si le logement est chauffé à l’électricité et se trouvait en F ou G : le nouveau calcul peut le faire sortir de l’interdiction. Ensuite, vérifier l’enregistrement du meublé sur le nouveau portail national avant le 20 mai. Enfin, reprendre l’analyse fiscale : le passage du micro-BIC au réel n’est pas anodin, et il se prépare en début d’année, pas en décembre.
Les gîtes de grande capacité, souvent chauffés à l’électricité et dotés de piscines couvertes, sont au croisement de ces trois sujets. Le DPE d’une grande bâtisse n’a rien à voir avec celui d’un studio : la surface, les volumes et le chauffage de l’eau pèsent lourd. Mieux vaut s’y prendre tôt.